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LE MANDARIN.

— Le Lun-Yu dit : « L’homme supérieur ne doit mépriser aucun métier honnête, si ce métier lui procure des richesses. » Les Chinois ont oublié le mot honnête. Qu’est-ce que cela ? Heureux le moraliste qu’on dénature si peu ! il n’a vraiment aucun droit de se plaindre.

— Parlez-nous des commerçants français ! dit Lefranc. En voilà qui n’ont point oublié le mot honnête ! Si j’en crois Fourier, ils en apprendraient aux Chinois eux-mêmes sur les ruses de commerce, sur les trois mesures, et sur l’organisation du vol patenté !

— Nous marchons, nous autres, vers une prompte rénovation, reprit Davenel, et nous subissons les désordres qu’amène la formation de tout organisme nouveau, tandis que les Chinois périssent misérablement et sans espoir de se régénérer.

— Je m’étonne, Lefranc, ajouta Davenel, que vous qui soutenez tout au moins l’égalité des sexes, vous ayez le courage d’établir une comparaison entre le peuple le plus chevaleresque de la terre et celui qui a eu la bassesse