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LE MANDARIN.

— Hé bien, lui demandaient ses amis, commencez-vous à prendre bonne opinion de nos mœurs ?

— Point du tout, répondait le jeune Chinois qui refusait de s’expliquer davantage.

Lorsqu’il se fut mis au courant de la littérature du jour, il se sentit au cœur un grand dégoût de toutes choses. Pendant quelques semaines il crut avoir perdu l’équilibre de ses esprits. A bout d’expédients, et ne voulant communiquer sa pensée intime à personne, il essaya d’écrire ses impressions pour dégager son esprit malade. Il trouvait des analogies constantes entre les productions françaises et les productions chinoises ; mais, comme il ne lui était jamais arrivé de lire en Chine tant de livres nouveaux à la fois, il avait oublié deci, delà, ses impressions, et la triste vérité qui le frappait si énergiquement aujourd’hui ne l’avait point frappé alors.

« Notre littérature, écrivait Pé-Kang, — et il entendait la littérature chinoise, — justifie de plus en plus les entraînements vicieux de ce temps. Je voudrais bien savoir qui du littérateur