Page:Lambert - Le Mandarin.pdf/113

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

100
LE MANDARIN.

ou des intéressés, le mobile de la plus criminelle intolérance.

Pé-Kang se sentait davantage attiré par les théories du savant Didier : Ce dernier, à son tour, manifestait pour le jeune Chinois une sympathie bienveillante que le hasard allait transformer en solide et tendre affection.

Un jour que Pé-Kang entrait chez le philosophe, il fut introduit dans sa chambre à coucher. Didier venait d’être pris de fièvre, et il s’était mis au lit.

— Voyons, monsieur, dit la servante à son maître, quand le jeune Chinois, sur la prière du malade, eut pris un siège, ordonnez-moi de courir chez le médecin ou chez l’apothicaire ; voilà monsieur qui prendra soin de vous pendant ce temps-là.

— J’ai beaucoup travaillé ces dernières semaines, répondit le savant en s’adressant au mandarin, mais quelques jours de repos me remettront. Je connais mon tempérament ; si je me médicamente, je resterai au lit tout un mois.

La servante insista. Pé-Kang crut comprendre