Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/46

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


aucun foyer d’action ; enfin, tout se passe uniquement dans le lieu même de l’impression, et tous les points de la surface des parties irritables sont susceptibles de le produire et de le répéter toujours de la même manière. Ce phénomène, comme on voit, est bien différent, par sa nature, de celui des sensations.

D’après toutes ces considérations, on voit clairement que l’orgasme est la source où l’irritabilité prend naissance ; mais cet orgasme se montre avec une intensité très-différente, selon la nature des corps dans lesquels il est produit. Dans les végétaux, où il est très-obscur, sans énergie, et où il ne cause qu’avec une extrême lenteur les affaissemens et les distensions des parties, il n’a nullement le pouvoir de produire l’irritabilité.

Au contraire, dans les animaux où, par la nature de la substance de leur corps, l’orgasme est très-développé, il produit avec célérité les contractions et les distensions des parties, à la provocation des causes qui les excitent ; il y constitue l’irritabilité d’une manière éminente.

Cabanis, dans son ouvrage intitulé, Rapports du physique et du moral de l’homme, s’est proposé de prouver que la sensibilité et l’irritabilité sont des phénomènes de même nature et qui ont une source commune (Histoire des Sen-