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mémoire, ou ne constitue qu’un examen, ou une comparaison sans résultat.

Combien donc n’importe-t-il pas à tout être doué d’un organe pour l’intelligence de s’habituer à exercer son jugement, et de s’efforcer de le rectifier graduellement à l’aide de l’observation et de l’expérience ; car alors il exerce à la fois son entendement, et il en augmente proportionnellement les facultés ?

Cependant, si l’on considère la grande généralité des hommes, on voit que les individus qui la composent, dans toutes les occasions où il ne s’agit pas d’un besoin ou d’un danger pressant, jugent rarement par eux-mêmes, et s’en rapportent au jugement des autres.

Cet obstacle aux progrès de l’intelligence individuelle, n’est pas seulement le produit de la paresse, de l’insouciance, ou du défaut de moyens ; il est, en outre, celui de l’habitude que l’on a fait contracter aux individus, dès leur enfance et dans leur jeunesse, de croire sur parole, et de soumettre toujours leur jugement à une autorité quelconque.

Ayant, en peu de mots, fait sentir l’importance du jugement, et celle surtout de le former par l’exercice, et de le rectifier de plus en plus par l’expérience ; examinons maintenant ce que c’est que le jugement lui-même, et par quel méca-