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sentiment intérieur troublé et n’exécutant plus ses fonctions, ne dirige plus le fluide nerveux pour la rectitude des idées.

Par exemple, lorsque la sensibilité morale est très-grande, les émotions que produisent certaines idées ou pensées dans le sentiment intérieur, sont quelquefois si considérables, qu’elles troublent ce sentiment dans ses fonctions, et l’empêchent de diriger le fluide nerveux dans l’exécution des nouvelles pensées qui doivent être produites ; alors les facultés intellectuelles sont suspendues ou en désordre.

On va voir que la folie prend aussi sa source dans une cause à peu près semblable, c’est-à-dire, dans celle qui ne permet plus au sentiment intérieur de diriger les mouvemens du fluide nerveux dans l’hypocéphale.

En effet, lorsqu’une lésion accidentelle a causé quelque dérangement dans l’organe de l’intelligence, ou qu’une grande émotion du sentiment intérieur a laissé des traces assez profondes de ses effets dans l’organe dont il s’agit, pour y avoir opéré quelqu’altération ; le sentiment intérieur ne maîtrise plus les mouvemens du fluide nerveux dans cet organe, et les idées que les agitations de ce fluide rendent sensibles à l’individu, se présentent en désordre et sans liaison à sa conscience. Il les exprime telles qu’elles s’offrent à lui, et elles