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Voyons présentement quel peut être le mécanisme de l’admirable faculté dont nous nous occupons ici, et tâchons de prouver que l’opération du fluide nerveux qui donne lieu à un acte de mémoire, consiste à prendre, en traversant les traits imprimés de telle idée acquise, un mouvement particulier relatif à cette idée, et à en rapporter le produit au sentiment intérieur de l’individu.

Comme les idées sont les matériaux de tous les actes de l’intelligence, la mémoire suppose déjà des idées acquises ; et il est évident qu’un individu qui n’auroit encore aucune idée, ne pourroit en exécuter aucun acte. La faculté qu’on nomme mémoire ne peut donc commencer à exister que dans un individu qui possède des idées.

La mémoire nous éclaire sur ce que peuvent être les idées, et même nous fait sentir ce qu’elles sont réellement.

Or, les idées que nous nous sommes formées par la voie des sensations, et celles ensuite que nous avons acquises par les actes de nos pensées, étant des images ou des traits caractéristiques, gravés, c’est-à-dire, plus ou moins profondément imprimés sur quelque partie de notre organe d’intelligence, la mémoire les rappelle chaque fois que notre fluide nerveux, ému par notre sentiment intérieur, rencontre, dans ses agitations, les images ou les traits dont il s’agit. Le fluide