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mettre de s’exercer que sur des objets pris dans la nature, ces objets étant les seuls qu’il nous soit possible de connoître positivement : ses différens actes seront alors d’autant plus solides, qu’ils résulteront de la considération du plus grand nombre de faits relatifs à l’objet considéré, et de la plus grande rectitude dans nos jugemens.

Je terminerai cet article en faisant remarquer que, s’il est vrai que nous prenions toutes nos idées dans la nature, et que nous n’en ayons aucune qui n’en provienne originairement, il l’est aussi qu’avec ces idées, nous pouvons, à l’aide de notre imagination et en les modifiant diversement, en créer qui soient entièrement hors de la nature ; mais ces dernières sont toujours ou des contrastes d’idées acquises, ou des images plus ou moins défigurées d’objets dont la nature seule nous a donné connoissance.

Effectivement, dans les idées les plus exagérées et les plus extraordinaires de l’homme, si l’on y fait attention, il est impossible de ne pas reconnoître la source où il a puisé.