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lorsque quelqu’idée rappelée par la mémoire, fait naître un désir, c’est-à-dire, un besoin moral, et par suite une émotion du sentiment intérieur qui le porte à produire quelqu’acte d’intelligence ou successivement plusieurs de ces actes.

De même que toute autre action du corps, aucune pensée ne s’exécute que par l’excitation du sentiment intérieur ; en sorte que, sauf les mouvemens organiques essentiels à la conservation de la vie, les actes de l’intelligence et ceux du système musculaire dépendant, sont toujours excités par le sentiment intérieur de l’individu, et doivent être réellement regardés comme étant le produit de ce sentiment.

Il résulte de ces considérations, que la pensée étant une action, ne sauroit s’exécuter que lorsque le sentiment intérieur excite le fluide nerveux de l’hypocéphale à la produire, et que, d’après l’état nécessairement passif de la pulpe cérébrale, le fluide dont il s’agit, étant mis en mouvement dans ses parties, doit être le seul corps actif dans l’exécution de cette action.

En effet, un être doué d’un organe pour l’intelligence, ayant la faculté, par une émotion de son sentiment intérieur, de mettre en mouvement son fluide nerveux, et de diriger ce fluide sur les traits imprimés de telle idée déjà acquise, se rend aussitôt sensible cette idée particulière