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des actions auxquelles sa volonté n’a point de part.

J’ajoute que, puisque le sentiment intérieur peut occasionner les ébranlemens dont il vient d’être question, on sent que si l’individu domine les émotions que son sentiment intime reçoit, il peut alors les comprimer, les modérer, et même en arrêter les effets. Voilà comment le sentiment intérieur de tout individu qui en jouit, constitue une puissance qui le fait agir selon ses besoins et ses penchans habituels.

Mais lorsque les émotions dont il s’agit sont très-grandes, et qu’elles le sont au point de causer dans le fluide nerveux un ébranlement assez considérable pour interrompre et troubler dans ses opérations celui des hémisphères du cerveau, et celui même qui porte son influence aux muscles indépendans de l’individu, dès lors cet individu perd connoissance, éprouve la syncope, et ses organes vitaux sont plus ou moins dérangés dans leurs fonctions.

Ce sont là, vraisemblablement, ces grandes vérités que ne purent découvrir les philosophes, parce qu’ils n’avoient pas suffisamment observé la nature, et que les zoologistes n’ont pas aperçues, parce qu’ils se sont trop occupés de distinctions et d’objets de détail. Au moins peut-on dire que les causes physiques