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que la sensibilité est le fait général de la nature vivante.

Cependant, M. Richerand, qui a particulièrement développé cette même opinion dans les prolégomènes de sa physiologie, reconnoissant que la sensibilité qui nous donne la faculté de recevoir des sensations, et qui dépend des nerfs, n’est pas la même chose que cette espèce de sensibilité plus générale à laquelle le système nerveux n’est pas nécessaire, propose de donner à la première le nom de perceptibilité, et il nomme la seconde sensibilité latente.

Puisque ces deux objets sont différens, et par leur source, et par leurs produits, pourquoi donner un nom nouveau au phénomène connu, depuis long-temps, sous celui de sensibilité, et transporter le nom de sensibilité à un phénomène plus nouvellement remarqué, et d’une nature tout-à-fait particulière ? Il est assurément plus convenable de donner un nom particulier au phénomène général dont la vie dépend ; et c’est ce que j’ai fait en le désignant sous la dénomination d'orgasme.

Probablement, sans l’orgasme (la sensibilité latente), aucune fonction vitale ne pourroit s’exécuter ; car partout où il existe, il n’y a point d’inertie réelle dans les parties, et ces parties ne sont point simplement passives. On l’a