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pas, par le concours de deux systèmes d’organes qu’on nomme sexuels, dont l’un constitue les organes mâles, et l’autre ceux qui sont nommés femelles.

La génération sexuelle s’observe dans les animaux et dans les végétaux ; mais elle est particulière à certains animaux et à certaines plantes, et n’est point une faculté commune aux uns et aux autres de ces corps vivans : la nature ne pouvoit la rendre telle, comme nous l’allons voir.

En effet, pour pouvoir produire les corps vivans, soit végétaux, soit animaux, la nature fut obligée de créer d’abord l’organisation la plus simple, dans des corps des plus frêles, et où il lui étoit impossible de faire exister aucun organe spécial. Elle eut bientôt besoin de donner à ces corps la faculté de se multiplier, sans quoi il lui eût fallu faire partout des créations ; ce qui n’est nullement en son pouvoir. Or, ne pouvant donner à ses premières productions la faculté de se multiplier par aucun système d’organes particulier, elle parvint à leur donner la même faculté, en donnant à celle de s'accroître, qui est commune à tous les corps qui jouissent de la vie, la faculté d’amener des scissions, d’abord du corps entier, et ensuite de certaines portions en saillie de ce corps : de là les gemmes et