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en se conformant aux affinités chimiques, lorsque l’intimité de leur combinaison ne s’y oppose pas.

Il n’y a donc nulle différence dans les lois physiques, par lesquelles tous les corps qui existent se trouvent régis ; mais il s’en trouve une considérable dans les circonstances citées où ces lois agissent.

La force vitale, nous dit-on, soutient une lutte perpétuelle contre les forces auxquelles obéissent les corps inanimés ; et la vie n’est que ce combat prolongé entre ces deux forces différentes.

Pour moi, je ne vois ici, de part et d’autre, qu’une même force qui est sans cesse composante dans tel ordre de choses, et décomposante dans tel autre contraire. Or, comme les circonstances que ces deux ordres de choses occasionnent, se rencontrent toujours dans les corps vivans, mais non à la fois dans leurs mêmes parties, et qu’elles s’y forment, en succédant les unes aux autres, par les changemens que les mouvemens vitaux ne cessent d’y opérer ; il existe dans ces corps, pendant leur vie, une lutte perpétuelle entre celles de ces circonstances qui y rendent la force vitale composante, et celles, toujours renaissantes, qui la rendent décomposante.

Avant de développer ce principe, exposons quelques considérations qu’il importe de ne point perdre de vue.