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Page:La Revue de Paris A12 T1 La réforme tunisienne.djvu/10

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vaut 0,00885 ; celui d’un commerçant 0,00870 ; celui d’un électeur du Troisième Collège 0,00154 seulement, c’est-à-dire presque six fois moins que celui des deux autres : les Agriculteurs ayant dix représentants, les Commerçants douze, le Troisième Collège devrait en avoir quarante ; or, il n’en a que sept. Les privilégiés avouent l’inégalité, mais ne la croient point injustifiable. Ils allèguent qu’ils représentent, dans la colonie, des intérêts, des capitaux, des droits acquis bien autrement considérables que ceux du Troisième Collège et que, par conséquent, ils doivent avoir une plus large part d’influence et d’action sur les affaires publiques. Ils admettraient qu’il fût accordé quelques sièges de plus au Troisième Collège. Mais ce dont ils ne veulent pas entendre parler, c’est que toutes les catégories soient fondues en une seule masse électorale. Le jour où la question du vote par tête s’est posée, les deux ordres privilégiés ont réuni, hors session, leurs délégués à la Conférence et, dans cette séance particulière, ils ont émis un vœu pour le maintien du statu quo, concédant toutefois l’élection directe des délégués par tous les membres du collège et consentant à ce que chaque collège eût le même nombre de délégués.

Les groupes du Troisième Collège ont fait remarquer que cette « réforme » constituerait une aggravation de la situation actuelle, en consacrant officiellement la séparation de la colonie en trois ordres ; que les quatre mille cinq cents électeurs du Troisième Collège n’auraient que douze représentants alors que les deux mille cinq cents électeurs des deux autres collèges en auraient vingt-quatre. En conséquence, le Troisième Collège demandait que la Conférence consultative fût élue au suffrage universel direct, sans distinction entre les électeurs et sans catégorie d’éligibles, admettant d’ailleurs la division de la Régence en deux circonscriptions – Nord et Sud – proportionnellement représentées.

Les privilégiés protestèrent vigoureusement, l’Agriculture faisant bloc et le Commerce se divisant quelque peu. Tous deux repoussaient la fusion électorale avec le Troisième Collège, parce que « cette fusion pouvait avoir pour résultat de faire élire des délégués qui, n’étant point commerçants ni agriculteurs, n’auraient point qualité pour représenter le Com-