Page:L’Enfant du plaisir, ou les délices de la jouissance, 1803.djvu/129

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mots étaient accompagnés de quelques petits mouvemens qui mirent le dernier comble à la volupté. Elle me fixait tendrement ; ses regards, interprètes fidèles de l’état de son âme, étaient mêlés d’amour et de plaisirs ; une petite écume semblable à de la neige, bordait ses lèvres charmantes ; sa gorge se haussait et se baissait avec précipitation. Enfin nous terminâmes ce moment délicieux par un éclair de volupté qui saisit, qui anéantit tous nos sens, qui porte des secousses et des tressaillemens jusque dans les extrémités de notre corps ; qui dans une image de la divinité, ou de ce qu’on conçoit de parfait au plaisir, finit et disparaît en un moment, et dont le passage est aussi prompt que la pensée, ne nous laisse qu’une preuve triste, cruelle et convaincante de notre imperfection et de la malheureuse faiblesse de notre être.