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324 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

6 V.

Figuration du déluge.

L'air était obscurci par la pluie serrée ; elle tombait obliquement sous la pression transversale des vents, faisait des ondes dans l'air comme en fait la poussière, avec cette différence que cette inondation était traver- sée par les lignes que font les gouttes d'eau en tombant. Sa couleur participait à celle de la foudre qui fend et déchire les nuages, et les éclairs frappaient, ouvraient les grands lacs des vallées inondées ; et on voyait au fond les verdures courbées.

Neptune apparaissait au milieu des eaux avec le trident, on voyait Eole avec ses vents entraîner les herbes déracinées flottantes et mêlées aux ondes immenses. L'horizon avec tout l'hémisphère était confus et enflammé par les éclairs des tonnerres incessants. On voyait les hommes errer, les oiseaux remplir les grands arbres encore à l'abri du flot mon- tant et ils formaient des collines qui entou- rent les grands gouffres.

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