Page:Léonard de Vinci - 14 manuscrits.djvu/293

Cette page n’a pas encore été corrigée


LBS MANl'SCRITS DE LEONARD DE VINCI 269

56 V.

Du frottement des cieux, s'il fait son ou non.

Le son résulte du coup d'un corps dur frappant l'air, et s'il est fait entre deux corps, c'est au moyen de l'air. 11 s'en sui- vrait que les cieux ne produisent pas de son en se frottant, faute d'air entre eux : si ce frottement avait lieu, depuis tant de siècles, durant lesquels ils ont tournés, ils seraient abolis par leur immense vitesse journalière. S'ils faisaient un son, ce son ne pourrait se répandre, puisque le son produit sous l'eau s'entend peu et s'entendrait moins ou pas du tout dans des corps denses; le frottement des corps polis ne fait pas de bruit : ainsi il n y en aurait pas, au frottement des cieux. Si les cieux n'ont pas été polis par le frottement, ils sont globuleux et rugueux, et dès lors leur contact n'est pas continuel, et le vide se pro- duit, le vide inexistant dans la nature. Donc le frottement aurait consommé les termes de chaque ciel, et surtout vers le milieu plutôt que vers les pôles, puisqu'au milieu il est plus rapide : et puis le frottement et le son cessc-

35

�� �