Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/170

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

hors de moi de l’honneur, ou du plaisir, n’auront jamais de solide contentement, ni de vraye liberté de cœur. Bien loin de cela, ils seront toûjours dans le trouble, & dans la tristesse.

Vous ne devez donc vous attribuer rien de bon, ni attribuer à qui que ce soit les vertus que vous remarquez en lui ; mais il faut que vous en donniez toute la gloire à moi seul, comme à vôtre Dieu, à qui l’homme est redevable de tout ce qu’il a.

Comme vous tenez de moi tout ce que vous êtes, & tout ce que vous avez, je veux aussi que vous soyez tout à moi, & que pour tant de bienfaits vous me rendiez d’éternelles actions de graces.

Ce que je vous dis, c’est la verité, qui est le remede à la vaine gloire.

Si la grace & la charité regnent dans vôtre ame, il n’y entrera ny envie, ni mauvaise crainte, ni amour propre.

Car tout céde à la charité, & c’est elle qui fortifie les ames foibles.

Si vous êtes sage, vous ne vous réjoüirez qu’en moi ; vous n’espererez qu’en moi. Car il n’y a que Dieu seul qui soit bon[1] ; il n’y a que lui qui mérite d’être loüé & beni en toutes choses, & pardessus toutes choses.

  1. Luc. 28. 19.