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ses 1200 francs, lui constituait 5000 livres de revenu ; outre cela, elle prenait l’obligation de continuer l’ancienne rente qu’elle faisait à sa propre mère et aux vieux domestiques de Nohant. Dans la même lettre du mois de janvier 1835, elle confiait sous le sceau du secret, à son frère Hippolyte, qu’elle consentait même à payer peu à peu les dettes de son mari « tout peu mignon qu’il était », quoiqu’elle sût qu’il l’eût laissé enfermer même pour 20 francs de dettes et, qu’étant mariés sous le régime dotal, elle n’était pas responsable des dettes qu’il avait pu contracter.

Ce traité devait entrer en vigueur à partir du 11 novembre 1835. Mais à peine fut-il signé, que Dudevant regretta de voir ses revenus diminués. Aurore, et cela se comprend, aurait voulu que cet arrangement fut maintenu, toutefois selon son habitude, reculant devant la nécessité de causer un désagrément à autrui et toujours prête à se restreindre, elle déchira le contrat dont elle envoya les morceaux à Duteil pour qu’il les remît à Casimir, exigeant seulement une petite augmentation de rente pour l’éducation de Solange. Mais Casimir répondit qu’il ne voulait point annuler le traité ni reprendre sa parole, qu’il ne voulait plus vivre en commun avec Aurore, ni avoir aucune affaire avec elle, et qu’il voulait, dès que le contrat entrerait en vigueur, partir pour Paris et s’y établir. Il recopia lui-même le traité, le signa et le renvoya à sa femme. Duteil et Hippolyte, qui s’étaient entremis pour amener un accord entre les deux conjoints, croyant que les intentions du mari étaient pacifiques, qu’il voulait éviter le scandale et le bruit, persuadèrent à Aurore que Casimir ne lui causerait à l’avenir aucun désagrément. Il ne restait qu’à patienter jusqu’au 11 novembre. Aux vacances d’automne de 1835, Aurore revit sa vieille de-