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Page:Jules Verne - L’Île mystérieuse.djvu/487

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le secret de l'île.

Top s’élança au dehors et disparut presque aussitôt.

« Il arrivera ! dit le reporter.

— Oui, et il reviendra, le fidèle animal !

— Quelle heure est-il ? demanda Gédéon Spilett.

— Dix heures.

— Dans une heure il peut être ici. Nous guetterons son retour. »

La porte du corral fut refermée. L’ingénieur et le reporter rentrèrent dans la maison. Harbert était alors profondément assoupi. Pencroff maintenait ses compresses dans un état permanent d’humidité.

Gédéon Spilett, voyant qu’il n’y avait rien à faire en ce moment, s’occupa de préparer quelque nourriture, tout en surveillant avec soin la partie de l’enceinte adossée au contrefort, par laquelle une agression pouvait se produire.

Les colons attendirent le retour de Top, non sans anxiété. Un peu avant onze heures, Cyrus Smith et le reporter, la carabine à la main, étaient derrière la porte, prêts à l’ouvrir au premier aboiement de leur chien. Ils ne doutaient pas que si Top avait pu arriver heureusement à Granite-house, Nab ne l’eût immédiatement renvoyé.

Ils étaient tous deux là, depuis dix minutes environ, quand une détonation retentit et fut aussitôt suivie d’aboiements répétés.

L’ingénieur ouvrit la porte, et, voyant encore un reste de fumée à cent pas dans le bois, il fit feu dans cette direction.

Presque aussitôt Top bondit dans le corral, dont la porte fut vivement refermée.

« Top, Top ! » s’écria l’ingénieur, en prenant la bonne grosse tête du chien entre ses bras.

Un billet était attaché à son cou, et Cyrus Smith lut ces mots, tracés de la grosse écriture de Nab :

« Point de pirates aux environs de Granite-house. Je ne bougerai pas. Pauvre M. Harbert ! »