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Page:Jules Verne - L’Île mystérieuse.djvu/106

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l'île mystérieuse.

cinquante millions d’années, jonchaient la plaine, très-tourmentée par endroits. Cependant, il n’y avait pas trace des laves, qui s’étaient plus particulièrement épanchées par les pentes septentrionales.

Cyrus Smith croyait donc atteindre, sans incident, le cours du creek, qui, suivant lui, devait se dérouler sous les arbres, à la lisière de la plaine, quand il vit revenir précipitamment Harbert, tandis que Nab et le marin se dissimulaient derrière les roches.

« Qu’y a-t-il, mon garçon ? demanda Gédéon Spilett.

— Une fumée, répondit Harbert. Nous avons vu une fumée monter entre les roches, à cent pas de nous.

— Des hommes en cet endroit ? s’écria le reporter.

— Évitons de nous montrer avant de savoir à qui nous avons affaire, répondit Cyrus Smith. Je redoute plutôt les indigènes, s’il y en a sur cette île, que je ne les désire. Où est Top ?

— Top est en avant.

— Et il n’aboie pas ?

— Non.

— C’est bizarre. Néanmoins, essayons de le rappeler. »

En quelques instants, l’ingénieur, Gédéon Spilett et Harbert avaient rejoint leurs deux compagnons, et, comme eux, ils s’effacèrent derrière des débris de basalte.

De là, ils aperçurent, très-visiblement, une fumée qui tourbillonnait en s’élevant dans l’air, fumée dont la couleur jaunâtre était très-caractérisée.

Top, rappelé par un léger sifflement de son maître, revint, et celui-ci, faisant signe à ses compagnons de l’attendre, se glissa entre les roches.

Les colons, immobiles, attendaient avec une certaine anxiété le résultat de cette exploration, quand un appel de Cyrus Smith les fit accourir. Ils le rejoignirent aussitôt, et furent tout d’abord frappés de l’odeur désagréable qui imprégnait l’atmosphère.

Cette odeur, aisément reconnaissable, avait suffi à l’ingénieur pour deviner ce qu’était cette fumée qui, tout d’abord, avait dû l’inquiéter, et non sans raison.

« Ce feu, dit-il, ou plutôt cette fumée, c’est la nature seule qui en fait les frais. Il n’y a là qu’une source sulfureuse, qui nous permettra de traiter efficacement nos laryngites.

— Bon ! s’écria Pencroff. Quel malheur que je ne sois pas enrhumé ! »

Les colons se dirigèrent alors vers l’endroit d’où s’échappait la fumée. Là, ils