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des parties aériennes

lesquels on ne reconnaît aucune trace de l’altération précédente. Cet état de putrilage me semble identique à la morve blanche qu’on remarque sur les oignons des jacinthes, etc.

Il me reste à examiner dans ces tubercules putrilagés certains phénomènes auxquels on a attribué une grande valeur.

En observant attentivement les membranes utriculaires de ces tubercules, on les voit, pour ainsi dire, disparaître graduellement. Parfaitement homogènes à l’état normal, leurs parois prennent peu à peu une apparence granuleuse et s’amincissent au point de disparaître complètement, tout en conservant cependant, malgré leur extrême ténuité, les grains de fécule qu’elles renfermaient avant leur altération. Plus tard encore elles se désagrégent et flottent dans un liquide granuleux. Ces granules jouissent d’un mouvement moléculaire tellement actif, que j’aurais été porté à les prendre, ainsi que M. Payen, pour des infusoires monadiens d’une extrême petitesse si, dans une foule de circonstances, je n’avais déjà été témoin de l’agitation extraordinaire de semblables corpuscules au milieu desquels on reconnaît pourtant de véritables vibrions, aux formes linéaires. Depuis le 5 septembre, je conserve dans un verre une quantité notable de ce putrilage ; son odeur s’est dissipée aujourd’hui, mais les cor-