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Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/634

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de Vevey, de Monthey, d’Aigle, de Lausanne [1], de Carouge, et cinq Sections de Genève. Cinq Sections genevoises seulement, tandis que Genève, au dire du Comité fédéral, en comptait vingt-cinq ! C’était une preuve, ou bien que l’Internationale était terriblement désorganisée à Genève, malgré les affirmations du Comité fédéral, ou bien que les Sections de cette ville s’intéressaient fort peu aux agissements de la coterie Marx-Outine. » (Mémoire, p. 255).

Malheureusement pour les auteurs du projet de Fédération suisse, la Section de Zürich, auquel il fut communiqué, ne voulut pas admettre la clause qui éliminait la Fédération jurassienne : elle rédigea un contre-projet, dans lequel elle supprima la condition de reconnaître les décisions de la Conférence de Londres ; et elle résolut que son contre-projet nous serait communiqué. En effet, le 9 juillet, le Comité fédéral jurassien recevait la lettre suivante :


Zürich, le 8 juillet 1872.

Chers amis. Vous recevez ci-joint quatorze exemplaires de notre contre-projet au plan élaboré par le Congrès romand pour la constitution d’une Fédération régionale suisse. Ayez l’obligeance de les faire parvenir aux comités locaux. Je vous envoie ces exemplaires pour toute la Fédération jurassienne, attendu que nous ne connaissons pas les adresses des Sections.

Salut fraternel.

Au nom et par ordre de la Section de Zürich :

Le correspondant, Hermann Greulich.


À cette lettre était joint un post-scriptum personnel ainsi conçu :


Mon cher Schwitzguébel. Ne serait-il donc pas possible de rétablir l’union entre les internationaux de la Suisse ? Avec ces inimitiés personnelles, toute notre organisation marche à la ruine, et je crois que, des deux côtés, l’on devrait se comporter un peu plus fraternellement. — H. G.


Le Bulletin publia la lettre de Greulich, et la fit suivre des observations que voici :


Ah ! vous vous apercevez enfin, citoyen Greulich, que la conséquence des infâmes attaques personnelles auxquelles vos amis de Genève se sont livrés contre les Jurassiens et contre tout ce qui était indépendant dans l’Internationale sera la ruine de notre Association ! C’est un peu tard. Rappelez-vous, citoyen Greulich, la patience, pour ne pas dire la débonnaireté, que nous avons montrée pendant des mois, après le Congrès de la Chaux-de-Fonds de triste mémoire, lorsque l’Égalité nous traînait dans la boue et qu’à chaque offre de conciliation faite par la Solidarité elle répondait par une nouvelle insulte. C’était alors qu’il fallait parler d’union ; alors tout pouvait se réparer encore ; mais, depuis lors, la situation a changé,

  1. Cette Section de Lausanne n’était naturellement pas la même que celle qui avait délégué Pindy au Congrès de la Fédération jurassienne au Locle le 19 mai.