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Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/536

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Examinons celles de ces résolutions (dont le nombre total est de dix-sept) qui ont rapport à l'une ou l'autre des questions traitées dans ces pages :


II.— Dénomination des Conseils nationaux ou régionaux, des branches,
sections, groupes locaux et de leurs comités respectifs.


... 3. — Il sera désormais défendu aux branches, sections et groupes de se désigner par des noms de secte, comme, par exemple les noms de branches positivistes, mutualistes (sic), collectivistes, communistes [1], etc., ou de former des groupes séparatistes, sous le nom de « sections de propagande », etc.. se donnant des missions spéciales en dehors du but commun poursuivi par tous les groupes de l’Internationale.


Par cette résolution, on avait évidemment visé la Section de propagande de la Chaux de-Fonds et la Section de propagande et d'action révolutionnaire socialiste de Genève, tout nouvellement constituée (le 6 septembre : voir p. 218). Outre que l'interdiction, pour un groupe, de prendre le nom de Section de propagande, était une atteinte flagrante au principe d'autonomie clairement énoncé dans l'article 10 des Statuts généraux adoptés au Congrès de Genève (1866), qui dit : « Quoique unies par un lien fraternel de solidarité et de coopération, les sociétés ouvrières n'en continueront pas moins d'exister sur les bases qui leur sont propres », il y avait dans la rédaction de la résolution des mots perfides. On y parlait de groupes séparatistes se donnant des missions spéciales en dehors du but de l'Internationale ; or, nos Sections de propagande n'avaient pas la moindre tendance « séparatiste » ; cette épithète était un non-sens ; et, si les Sections de propagande se donnaient une mission spéciale, c'était en dedans et non en dehors du but commun de l'Internationale.


IX. — L'action politique de la classe ouvrière.


Vu les considérants des statuts originaux [2] où il est dit : « L'émancipation économique des travailleurs est le grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen » ;

Vu l’Adresse inaugurale de l'Association internationale des travailleurs (1864), qui dit : « Les seigneurs de la terre et les seigneurs du capital se serviront toujours de leurs privilèges politiques pour défendre et perpétuer leurs privilèges économiques. Bien loin de pousser à l'émancipation du travail, ils continueront à y opposer le plus d'obstacles possible... La conquête du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvrière » ;

Vu la résolution du Congrès de Lausanne (1867) à cet effet : « L'émancipation sociale des travailleurs est inséparable de leur émancipation politique » ;

Vu la déclaration du Conseil général sur le prétendu complot des internationaux français à la veille du plébiscite (1870), où il est dit :

  1. Cette « défense » n’a nullement empêché le Kommunistischer Arbeiterhildungsverein de Londres, société adhérente à l'Internationale et dont faisaient partie Eccarius, Marx, Engels, Lessner, etc.. de continuer à se donner l'épithète de communiste. Deux poids et deux mesures.
  2. On remarquera l'emploi de ce mot originaux, calculé pour faire croire que les statuts publiés en français après le Congrès de Genève en 1866 n'avaient pas la valeur d'un texte authentique, et que celui-ci devait être cherché dans l'édition anglaise des statuts (provisoires, ne pas l'oublier) publiée en 1864.