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Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/417

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Nous nous étions donc mis d’accord, et lorsque, le lundi 5 septembre au matin, je lus le télégramme annonçant l’envahissement du Corps législatif et la fuite de l’impératrice-régente, je ne fis que me conformer aux résolutions prises dans les réunions de nos groupes, en rédigeant, avec la collaboration de Blanc, un Manifeste qui parut le jour même, sous la forme d’un supplément à la Solidarité. Il me serait impossible, à cette heure, de faire le départ de ce qui, dans ce document, est sorti de la plume de Blanc, et de ce qui a été écrit par moi ; cela n’a d’ailleurs pas d’importance, puisqu’en le publiant j’en assumais seul la responsabilité tout entière. Voici cette pièce :


Supplément au n° 22 de la Solidarité.
Manifeste aux Sections de l’Internationale.

L’empire français vient de crouler dans la honte et dans le sang. La république est proclamée ; le peuple français est redevenu maître de ses destinées.

Le roi de Prusse cependant continue à faire la guerre à la France. Ce n’est plus à l’empereur qu’il en veut, c’est à l’indépendance du peuple français.

Dans des circonstances pareilles, le devoir de tous les socialistes, de tous les hommes de cœur, est tracé.

La France républicaine représente la liberté de l’Europe, l’Allemagne monarchique représente le despotisme et la réaction. Il faut que de toutes parts les républicains se lèvent, et marchent à la défense de la République française.

Internationaux, c’est à nous de donner le signal de ce mouvement. Dans tous les pays, groupons-nous, armons-nous, et marchons, volontaires de la liberté et de l’égalité, pour combattre à côté de nos frères de France.

La cause de la République française, c’est celle de la Révolution européenne, et le moment est venu de donner notre sang pour l’affranchissement des travailleurs et de l’humanité tout entière.


Internationaux de l’Allemagne !

Jusqu’à présent, votre attitude en présence de la guerre n’a pu être qu’une protestation passive. Maintenant votre rôle change. Votre devoir impérieux est de tendre la main à vos frères français, et de les aider à écraser l’ennemi commun.

L’ennemi commun, c’est la puissance militaire de la Prusse.

Levez-vous donc aussi au nom de la République, et qu’il n’y ait, à Berlin et à Paris, que des frères unis sous le même drapeau et marchant au même combat.


Internationaux des Sections de la Suisse !

Convoquez immédiatement dans vos localités des assemblées populaires ; faites-y une propagande ardente de nos principes ; organisez-vous fortement, en groupant séance tenante tous les ouvriers dans leurs corps de métiers respectifs ; ouvrez une souscription dont le montant vous permettra de faire face aux frais extraordinaires nécessités par la situation, et versez à cette souscription votre dernier sou disponible ; demandez des armes pour les volontaires.