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mement content. Il est tout à fait nôtre. Il passera ici deux, trois jours. Sais-tu, ami, s'il y a la moindre possibilité, fais un effort surhumain, un miracle, viens ici ne fût-ce que pour le voir et lui parler pendant deux, trois heures. Ce serait d'une immense utilité.

Si tu peux te décider à le faire, télégraphie-le-moi aussitôt, afin que je le retienne ici le temps nécessaire.

Ton dévoué M. B.


Rien ne m'attirait en Albert Richard, que j'avais vu à Genève en septembre 1867 et qui ne m'avait pas plu. D'ailleurs je ne pouvais m'absenter au milieu de la semaine. Je télégraphiai qu'il m'était impossible de faire le voyage demandé.


Le n° 13 du Progrès (26 juin) publia l'article écrit le 24 en réponse à la Montagne. En voici les principaux passages :


Réponse à la « Montagne ».

Enfin la Montagne s'est expliquée. L'article qu'elle publie dans son numéro du 22 courant prouve combien le meeting du Crêt-du-Locle a eu raison de désavouer ce journal.

... Prenant à partie le Progrès, dont elle aimerait bien faire son bouc émissaire, la Montagne distingue en ces termes son socialisme du nôtre :

« Nous sommes socialiste en ce sens que, reconnaissant l'immense importance des questions sociales, nous voulons les étudier sérieusement pour leur préparer une solution. Nous les avons déjà étudiées à maintes reprises, et nous les étudierons toujours davantage.

« Mais certes nous ne sommes pas socialiste dans le sens du Progrès, du Locle, qui est communiste autoritaire, et à cet égard nous sommes heureux de ne pas être d'accord avec lui, et nous nous en glorifions... Tandis que la liberté nous est précieuse comme la vie, le Progrès veut se servir de l'autorité, de la force, pour imposer au monde son idéal social, qui est, quoi qu'il puisse dire, le plus affreux despotisme, la plus horrible tyrannie qui se puisse imaginer.

« Du socialisme du Progrès, nous n'en voulons à aucun prix. Ce socialisme, ou plus exactement ce communisme, est la plus surprenante et la plus terrible aberration qu'il soit possible d'imaginer. Dans notre prochain numéro nous ferons quelques citations de ce journal, et tous nos lecteurs seront confondus d'apprendre que de pareilles folies ont pu voir le jour dans notre pays. »

La Montagne prétend que nous sommes communistes autoritaires. Si c'est là l'impression qui lui est restée de la lecture de nos articles, tant pis pour son intelligence.

Pour la Montagne, le socialisme consiste à reconnaître l'immense importance des questions sociales ! Voilà un socialisme qui ne la compromettra guère : c'est celui de Napoléon III, de M. Thiers, de M. de Bismarck, et du National suisse...

Pourquoi la Montagne est-elle confondue d'apprendre que nos principes, qu'elle appelle nos folies, aient pu voir le jour dans notre pays ? Croit-elle donc les ouvriers neuchâtelois plus bêtes que les autres ?


L'article habituel de Bakounine n'avait pu être inséré cette fois, faute de place. Le reste du numéro du 26 juin était occupé par la fin du procès-verbal du meeting du Crêt du-Locle, et par la suite de mon « Examen du christianisme ». Au bas de la quatrième page était placé l'avis suivant :