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Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/129

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sance et leur situation privilégiée dans la société actuelle, n’appartiendraient pas à la classe déshéritée, c’est à la condition que ces amis du peuple ne forment pas une catégorie à part, une sorte de protectorat intellectuel ou d’aristocratie de l’intelligence, des chefs en un mot, mais restent confondus dans les rangs de la grande masse prolétarienne ?

Nous pensons donc, citoyens, que vous feriez œuvre utile en renonçant à votre projet ; nous vous y convions même au nom de la cause commune. S’il en est parmi vous qui ne font pas partie de l’Internationale, qu’ils s’y présentent plutôt par la Section locale de l’endroit qu’ils habitent et non par la porte d’une branche nouvelle ; et, comme ce sont des hommes dignes et de francs socialistes, ils seront admis.

Telles sont les idées du Conseil des Sections belges au sujet de votre Alliance ; nous vous les avons exposées sincèrement, comme il convient entre frères. Quelle que soit l’amitié qui nous lie spécialement avec ceux d’entre vous que nous avons vus au Congrès de Bruxelles, nous devons vous déclarer que nous avons approuvé sans réserve les résolutions prises par le Conseil général de Londres à l’égard de votre Alliance ; mais au nom de cette même amitié, nous oserons vous prier de renoncer à votre tentative et de ne point chercher à fonder à côté de l’Internationale, et partant contre elle, ce que vous avez cru établir dans son sein ; nous sommes persuadés que votre tentative n’aboutirait pas, mais néanmoins nous croyons qu’elle serait nuisible en nous divisant du moins pour quelque temps. Or, en présence de la guerre ouverte que l’on nous fait partout, plus que jamais nos forces ont besoin de se grouper. Est-ce au moment où l’on nous emprisonne à Paris, où l’on nous mitraille à Charleroi, où l’on nous persécute à Berlin, où l’on nous envoie des gendarmes à Hodimont, où l’on nous affame à Bâle, que nous devons offrir à nos ennemis le spectacle réjouissant de notre désunion ? Non, nous ne le voulons pas, et, nous en sommes sûrs, vous ne le voulez pas non plus !

Pour les Sections belges de l’Association internationale

des travailleurs,
Le Conseil général belge.


Parmi les noms des dix-sept signataires de cette lettre se trouvent ceux de César De Paepe, d’Eugène Hins, de Paul Robin, de Laurent Verrycken, de Désiré Brismée.

III

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Au Locle : les N° 2, 3, 4 et 5 du Progrès (12 et 22 janvier, 2 et 20 février 1869) ; conférence de Ch. Kopp (16 janvier). Crise dans la société secrète de Bakounine et de ses amis (26 janvier), sa dissolution. Seconde conférence de F. Buisson au Locle (5 février).


Les socialistes loclois avaient essayé de lutter, en décembre 1868, sur le terrain communal ; leur insuccès leur montra qu’il n’y avait pas plus de résultats à attendre de ce côté que sur le terrain cantonal. Il devait y avoir, le dimanche 10 janvier, des élections complémentaires pour le Conseil général de la commune ; ils résolurent de participer au scrutin, pour que les radicaux ne pussent pas les accuser d’avoir, par leur abstention, favorisé la victoire des conservateurs ; mais ils ne songeaient nullement à prendre une revanche de leur échec du 13 décembre. Il y eut une assemblée populaire préparatoire le mercredi janvier ; de retour au Locle depuis le