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— Où alors ?

— Que m’importe ?

— Il est vrai, répondis-je, que l’essentiel pour vous est d’être seule avec Martial. Ici ou là…

Je vis un orage soudain amassé dans ses yeux verts, sous ses sourcils froncés.

— Pauvre Guy ! dit-elle. Toujours aveugle ! Ai-je l’air d’une femme que l’on mène à son rêve ? Ne voyez-vous pas que je suis excédée de ce bruit, de ces grâces que l’on me fait, de ces confiseries que l’on me force à ingurgiter ? Je suis malade de gâteaux au beurre, mon ami, voilà ce que je suis ! Jamais je n’aurais consenti à épouser Martial, si j’avais su que le mariage serait un tel supplice.

— Mais vous l’aimez !

— Vous aussi ? N’est-ce pas assez de lui qui me répète cette bête de question vingt fois l’heure. « M’aimez-vous ? » —