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considérant que la pluspart des courtisanes ne sont devenues impudiques dans leurs mœurs que parce qu’elles ont été immodestes dans leurs habits, qu’elles ont commencé à montrer leur corps avant que de le donner, et, s’il m’est permis de parler de la sorte, qu’elles ne l’expo sent en vente, que parce qu’elles l’ont trop librement exposé à la veue des libertins ?

LXX. Il est vray que la Religion Chrétienne permet aux filles et aux femmes de se parer et de s’orner suivant leur qualité et leur condition. Mais elle veut que ce soit sans affeterie et sans excez, pour la biensceance, et non pour le luxe. Elle leur a toujours deffendu de faire servir au libertinage et à l’immodestie, les ornemens dont elle a approuvé l’usage pour mieux faire paroître leur retenue et leur pudeur, et elle a toujours marqué de l’aversion et de l’horreur pour ces nuditéz de bras, de gorge et d’épaules, qui répugnent également à l’honnesteté naturelle et à la piété Chrétienne, aux lumières de la raison et de la grâce, aux Loix de l’Evangile et de la politique, aux sentimens de l’honneur, à l’instinct de la nature, et en un mot à la gloire et à l’utilité même des filles et des femmes.

FIN.