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qu’Adam dit à Dieu que c’étoit pour plaire à sa femme qu’il avoit mangé du fruit défendu, il avoua son crime en s’excusant de la sorte. Et quand les femmes disent qu’elles découvrent leur sein pour satisfaire leurs maris, elles reconnoissent et confessent leur faute en voulant la rejetter sur un autre.

LXII. Je voudrois de plus leur faire remarquer qu’afin que cette excuse fût légitime, il faudrait en premier lieu qu’elles fussent assurées que c’est la volonté de leurs maris, ce qui n’est pas si aisé qu’elles se l’imaginent. Un mari n’est pas moins jaloux de la pureté de sa femme que de son propre honneur, et comme s’il est prudent il ne s’expose jamais à perdre son honneur, il n’ya pas d’apparence qu’il souhaitte que sa femme s’expose à perdre son innocence. Un mary s’intéresse toujours à la réputation de sa femme, et s’il est judicieux il voit bien qu’elle se fait tort quand elle s’habille à la mode des femmes entièrement mondaines et libertines. Un mari, dit Tertulien, n’ignore pas quels font les charmes de sa femme, il n’a pas besoin qu’elle les luy montre à toute heure, et peut-être même doit-il souhaiter qu’elle ne fasse pas voir à tout le monde par la nudité de son sein, ceux qui ne devroient être connus que de luy seul.