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maris. Elles le devroient, puisque la prudence le demande, la religion l’ordonne, l’honnesteté et la piété l’exigent. Elles le devroient puisque, selon la pensée de l’apôtre S. Paul, Dieu n’a donné une longue cheveleure aux filles et aux femmes, qu’afin qu’elle leur servît d’un voile naturel pour couvrir leur gorge et leurs épaules, et que la nature même leur imprime un grand désir de conserver pour ce sujet la longueur de leurs cheveux, afin qu’elles ayent toujours de quoy se voiler lorsqu’elles seront surprises par les regards de quelque curieux.

LXI. Ces raisons me paroissent assez fortes pour pouvoir persuader aux femmes aussi bien qu’aux filles de couvrir leurs nuditéz ; il y en a plusieurs toutefois qui ne veulent pas y aquiescer, et qui prétendent qu’elles peuvent sans scrupule découvrir leur gorge, sous prétexte que c’est pour plaire à leurs maris. Mais elles ne prennent pas garde qu’ayant recours à cette dernière excuse, elles avouent tacitement malgré elles que toutes les autres leur sont inutiles, et étant obligées pour justifier leur procédé d’alléguer l’obéissance ou la complaisance qu’elles doivent à ceux que Dieu leur a donné pour Supérieurs, elles confessent sansy penser, qu’elles sont une chose que leur raison ne peut défendre, quoy que leur passion l’excuse. Lors