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scandaliser notre religion aussi bien que les religieuses, et peuvent-elles douter qu’elles ne servent de scandale aux religieuses qui ont une solide piété, et qu’elles ne soient cause du déréglement et peut-estre de la perte de celles qui n’ont qu’une dévotion foible et chancelante.

XLII. Quelle société y peut-il avoir, dit le grand apôtre, entre Jésus-Christ et Belial, et quel commerce y doit-il avoir entre les épouses de Jésus-Christ et celles de Belial, c’est-à-dire du monde qui refuse de porter le joug de Jésus-Christ. Si les femmes du siècle veulent vivre avec des religieuses, il faut qu’elles vivent à peu près comme les religieuses, il faut qu’elles imitent leur modestie bien loin de blesser leur pudeur, il faut qu’elles apprennent d’elles à vivre en chrestiennes bien loin de leur apprendre à vivre en mondaines. Il faut qu’elles s’imaginent que s’il n’y a aucun homme dans les cloîstres, les anges y tiennent la place des hommes, et que si elles ne tentent pas les anges par leur nudité, elles leur déplaisent, elles les offensent, elles les irritent.

XLIII. Après cela que peut-on alléguer pour la justification de ces filles et de ces femmes qui affectent d’avoir la gorge nue. Dira-t-on qu’il leur doit être permis de découvrir leur