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de leurs poètes, et Tertulien nous assure que les censeurs de Rome, qui par le devoir de leur charge étoient obligéz de remédier à la corruption des mœurs, et de l’empescher s’il leur étoit possible, faisoient souvent détruire les nouveaux théâtres qu’on avoit dresséz pour y assembler le peuple, prévoyant, dit-il, que le libre commerce que les hommes auroient avec les femmes dans ces sortes d’assemblées, deviendroit un commerce d’impureté, et qu’ils se corromproient les uns les autres n’y venant apparemment qu’à ce dessein avec tant d’afféterie et avec tant de pompe.

XXXVII. Delà vient, dit le même Tertulien, que le grand Pompée après avoir fait élever un très magnifique théâtre craignant que cela ne fit tort à sa réputation, et qu’on ne l’accusât d’avoir favorisé l’impudicité elle libertinage, nomma son théâtre la maison de Vénus, et le fit consacrer comme un temple pour couvrir sa faute sous le voile de la religion. Mais en cela même qu’il consacra son ouvrage à la Déesse de l’amour impudique, il reconnut, ce me semble, que son édifice seroit comme l’azile et la forteresse de l’impureté, et s’il m’est permis de parler de la sorte comme l’amphithéâtre et l’échafaut où l’innocence, l’honnesnesteté et la chasteté seroient immolées. Tant