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quent les hommes qu’avec les armes de l’impureté, et qu’ils les réattaquent, pour ainsi parler avec celles de l’impureté et de la vanité tout ensemble.

XXXV. C’est aussi pour leur surété autant que pour la nôtre, c’est pour leur salut, autant que pour le salut des hommes, que les Pères de l’église et les grands hommes ont de siècle en siècle déclamé contre les bals, les comédies et les autres spectacles publics où les femmes montrent leur gorge et leurs épaules avec plus de liberté et plus d’affeterie. Quelque innocens que soient les spectacles en eux-mêmes, ils deviennent en quelque sorte criminels tant ils sont dangereux pour les femmes et pour les hommes. Pour les hommes parce qu’ils leur donnent une liberté entière, et même une grande facilité de considérer à loisir et avec attention la nudité des femmes. Pour les femmes parce qu’elles y ont une funeste commodité ; et souvent elles s’y trouvent dans une nécessité fâcheuse d’entendre les discours déshonnestes des jeunes gens, qui sous prétexte de donner des applaudissemens à leur bonne grâce ou à leur beauté ; dressent des pièges à leur vertu, blessent et affoiblissent leur pudeur.

XXXVI. C’est ce que les Payens même ont reconnu, s’il en faut croire un des plus libertins