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a averties des funestes effets que cause votre nudité, de vous rendre volontairement les homicides d’une âme chrétienne sans qu’on puisse vous imputer aucune faute, pendant que l’on traite de criminels ceux qui ne sont que les homicides du corps, et qui le sont seulement par imprudence et sans destein.

XXVII. Souvenez-vous que Dieu ordonna autrefois par la bouche de Moyse que si quelqu’un allumoit du feu qui par un accident inopiné et contre son intention brulât les gerbes et les fruits de son prochain, il seroit obligé d’en payer tout le dommage, et reconnoissez par là que vous êtes toujours responsables de tous les maux que les feux que vous excitez par votre nudité causent dans les cœurs de ceux qui vous regardent.

XXVIII. Saint Jérôme passe plus avant, et dans son commentaire sur Isaïe, il nous assure que si un fille ou une femme s’ajuste d’une manière assez mondaine pour attirer sur soy les yeux des hommes, et pour exciter des désirs illicites, elle commet un crime qui mérite quelquefois une sévère punition, quoy qu’elle ne fasse commettre aucun crime, parce qu’elle prépare et présente un venin qui peut donner la mort, et que c’est contre son attente ou du moins contre les apparences si personne n’en boit.