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la sensualité à vouloir se faire aimer ou estimer, par la nudité d’une partie de son corps, n’y a-t-il pas une vanité et une sensualité secrette à faire son plaisir de cette nudité. La pudeur, l’honnesteté, la chasteté y répugnent, ce plaisir ne peut donc pas être pur, honneste ny chaste, d’autant plus qu’il est impossible que celle qui se plaist à regarder son sein, ne se soucie point que les autres le regardent Elle s’accoutume sans qu’elle y pense à estre veue, et se dispose insensiblement à souhaiter que la complaisance qu’elle a pour sa beauté, soit confirmée par l’estime de tout le monde. De sorte que l’on peut hardiment conclure que de quelque pensée que se flattent les femmes qui aiment à avoir la gorge nue, leur intention ne peut jamais être bonne et est toujours beaucoup plus mauvaise qu’elles ne s’imaginent.

XXII. Et quand on leur accorderoit que leur intention peut être véritablement innocente, elles ne seraient pas pour cela exemptes de blâme, soit parce que quelque intention que nous ayons nous sommes toujours blamables lorsque nous faisons une chose que nous sçavons être condamnée par l’Écriture sainte, par la raison et par l’instinct même de la nature ; soit, parce que selon la doctrine, de l’Apôtre nous devons éviter non seulement tout ce qui