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plus forte raison de cacher leur gorge et leurs épaules ; enfin lorsque l’Ecriture les exhorte à être modestes et ornées de pudeur, plûtost que d’or et de pierres précieuses, ne leur marque t-elle pas qu’elles ne doivent guère moins éviter la nudité qui n’est guère moins un effet de l’impureté que de l’immodestie ; comment peuvent-elles donc sans s’abuser et se tromper elles-mêmes, excuser l’abus des nuditéz sous prétexte qu’il n’est pas expressément défendu par la sainnte Écriture.

XV. Mais aussi comment peuvent-elles dire sans se démentir elles-mêmes qu’elles ne croient pas mal faire en découvrant une partie de leur corps, puisque les attraits de la grace qu’elles sçavent, les maximes de leur religion qu’elles n’ignorent pas, et les mouvemens de la nature même dont elles sentent malgré elles les secrettes impressions, leur reprochent qu’elles font mal. Elles ont beau tâcher d’étouffer la voix de leur conscience, elle leur dira sans cesse que la modestie et la pudeur sont l’apanage naturel des femmes, qu’elles trahissent les intérests et la gloire de leur sexe quand elles se font voir le corps à demi nu, que toutes les femmes sont pour ce regard naturellement chrétiennes, et qu’il faut qu’elles fassent quelque violence à l’instinct et à l’inclination de