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luy manque pou ravoir une véritable pureté, elle se met au hazard de perdre ce qu’elle a de pure et d’innocent, et de corrompre son âme en montrant indiscrètement son corps.

XXXV. Si vous faites une sérieuse réflexion sur ce que dit l’Ecriture sainte, que la crainte de Dieu est la fin de la modestie, c’est-à-dire, que la modestie extérieure fait naître la crainte de Dieu dans nôtre âme, ou l’y conserve et l’y augmente ; et si vous vous souvenez en même temps que la même Ecriture nous apprend que la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse et la cause principale du salut, ne devez-vous pas avouer que cette femme craint véritablement Dieu et songe sérieusement à se sauver, qui couvre par pudeur et ses bras et sa gorge, qui s’habille de telle sorte qu’elle ne déroge ni à la naissance, ni à la dignité, ni à la qualité de Chrétienne, et qui fait connoître par sa modestie que sa vertu répond à sa naissance, à sa dignité, et à sa Religion ? Mais aussi ne devez-vous pas confesser qu’une gorge nue, que des bras et des épaules découvertes convainquent une femme de manquer de modestie, et l’accusent, par conséquent, de n’avoir pas la crainte de Dieu, ou de ne pas se soucier de la perdre, d’oublier son salut ou de le négliger ? Car si la modestie nous porte à crain-