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Et moi, rêvant un soir, je viens rêver d’histoire
Et célébrer tout bas la gloire des héros ;
À leur chère et douce mémoire
Sincères et tristes bravos !

Silence, un funèbre silence
Règne en ces horizons limités de flots bleus ;
Ce fut pourtant là-bas, sur ces bords fabuleux,
Que s’éveilla la chrétienne conscience.

Dans cet espace large un immense tapis
De velours ondoyant en changeante verdure
Est jeté par la main mère de la nature
Jusques aux lointains assoupis…

Et moi, sur ce tapis de doux vert séculaire,
Le cœur tout palpitant d’un spasme indéfini,
Je tombe à deux genoux et baise ce suaire
Qui couvre cet autre Calvaire,
Suaire tout de fleurs garni…