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Page:Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/58

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N’est-il pas trop petit votre cours qui s’abrège ?
Ne préférez-vous pas courir les gazons,
Courir capricieux, emportant vos mystères
Par vos départs lointains, vos élancements vifs,
Dans l’espace infini des vaporeuses sphères ?
Oui, et quelle est la main qui vous retient captifs ?
Ô flots, flots qui pleurez ! vos plaintives romances
Qu’un destin secret rythme en sonores cadences
Traversent mon ouïe et tombent dans mon cœur ;
Toute note, tout son de votre triste chœur
Y trouve un écho frère… et l’entente féconde
Naît d’une sympathie avenante et profonde
De notes, en mineur, se rencontrant parfois :
Et deux notes alors composent une voix.
Or, vos plaintes coulant au fond de mon intime
Y retouchent la corde au seul frisson sublime ;
Et sous cette caresse et ce doux frôlement
Je sens frémir mon cœur d’un ivre tremblement ;
Dans mon âme s’ouvrant mon âme de poète,
Ma main de mes pensers se fait l’humble interprète ;
Mais je ne sais, ne puis dire ce que je sens…

Ô larme de douleur, tu montes et descends !
Ne reste pas à ma prunelle suspendue,
Tombe, goutte adoré en mon fondue !
Tombe et mêle ta perle aux perles de ses flots !
Tombe dans cette grotte où meurent les échos !