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Page:Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/21

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Liban je rêve à tes étés,
À tes jardins peuplés de roses,
Aux appels de cœur, entêtés,
Murmurés par tes fleurs écloses ;
À ces besoins naïfs d’enfant,
D’amour, d’abandon, d’espérance,
De candeur et d’insouciance,
De rencontrer le bien souvent.

II

J’étais en pension, je n’avais pas quinze ans,
L’aspect seul d’un cours d’eau m’emportait dans les nues,
Mon âme frémissait… Et depuis deux printemps,
Grisant frisson, tu continues !

III

Ainsi que le soleil la pluie a ses attraits,
Bien plus que le bonheur la peine a des délices :
Les tremblements les plus doux et les plus secrets
Nous proviennent du sacrifice !

IV

Autant que le printemps fleuri
Automne si rêveur, je t’aime !
J’aime ton zéphir attendri,
Tes soirs et tes tristesses même…
J’aime ouïr les derniers accents
D’une antique lyre brisée,
Vague écho, noire mélopée
Qui n’a plus que des sons mourants…