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Page:Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/152

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(traduction)

THE TOMB :

Les ouvriers arrivent de Toscane, d’Angleterre, de Suisse… Sous ces arceaux qu’il s’endorme pour jamais sur ce dur oreiller de marbre… Son éperon ne percera plus son cheval… Elle conduit elle-même la main de son vieil athlète aveugle… Et quand le soir de la vie arrive, elle vient se coucher auprès de son époux, dans le monument de sa pensée… Les fanfares ne résonnent plus pour la chasse ; son époux, sur son cheval fougueux, ne poursuit plus le sanglier dans la forêt ; elle ne l’attend plus vainement, jusqu’à la nuit, à la fenêtre de sa tour…

Les voilà qui dorment leur sommeil de marbre… Qui pourrait revoir leurs visages plus blancs que l’albâtre des tombeaux ! quand leurs froides paupières se soulèvent, ils voient les arceaux sur leurs têtes, la lumière transfigurée des vitraux, la vierge et les saints immobiles à leur place… ils pensent en eux-mêmes : « Hush, ye will say, it is eternity; » « c’est ici l’éternité. »

Ils n’entendent pas l’orage… et malgré leur dur chevet, ils se prennent à rêver… et quand le vent fait gémir les portes, ils murmurent entre eux : « Qu’avez-vous, mon âme, pourquoi soupirer si haut ? »

… Et quand la nuit creuse le toit sur leur tête, ils se disent : « Entendez-vous aussi sur votre lit la pluie de l’Éternel Amour ? »