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Page:Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/150

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souri, les dangers vous assiègent de toutes parts, les angoisses vous déchirent, les larmes amères que vous versez dans la solitude brûlent vos yeux et votre cœur, mais vous n’en êtes que plus grands. Vous avez l’honneur de souffrir noblement, vous avez le bonheur ineffable de le comprendre.

Le bonheur de l’homme réside en l’homme lui-même : l’homme courageux et intelligent sait mettre des notes douces dans sa douleur, il sait donner à sa mince nourriture le goût des meilleurs repas, à son eau l’âme et la couleur du vin ; à son lit dur la sensation moelleuse et remplacer son désespoir par l’espérance amie.

Pauvres, pauvres, pauvres nobles âmes !

Je voudrais me trouver seule au bord de la mer, assise sur un de ces rochers qui sont les éternelles victimes des flots capricieux et là… rêver.

Cette immensité de la mer qui dépasse l’horizon riant, cette immensité libre, indépendante, aimée et détestée, douce et fougueuse, comme une âme endolorie se sent consolée en s’asseyant sur ses bords, blottissant ses dégoûts et ses ennuis contre les sables fins que les vagues étreignent fantasquement… oh ! les baisers des flots bleus, qu’ils sont moelleux, humides et frais !