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Ah ! campagne, campagne ! sur chacun de tes rochers, sous chacun de tes arbres, dans les coins les plus reculés et les plus mystérieux de tes vallées je laisse des bribes de mon âme : soupirs, rêves, sourires, chansons, romances, espoirs, admiration, méditation… Il me semble quelquefois avoir distribué toutes les facultés de mon cœur, t’avoir tout donné de moi… mais plus je t’aime et plus je me sens grande et forte ; plus je déverse sur toi mes sentiments et mes extases et plus je sens mon cœur gonflé d’amour et d’enthousiasme ; je t’aime et t’aimerai éternellement. Jamais je ne serai guérie de toi… et j’en suis heureuse, ô campagne !

Aimez-vous la Grande Ourse ? Moi pas. Toute belle et toute « comfortable looking » qu’elle soit, j’éprouve toujours un certain plaisir à la voir s’en aller de dessus ma fenêtre ; question de nom, sans doute. Ma préférée c’est la belle Vénus, non seulement parce qu’elle est belle ou parce qu’elle a toujours été chantée par les poètes, toutes les étoiles ont été plus ou moins chantées ; mais parce qu’elle est aussi un peu mon étoile, m’a-t-on dit.

Je suis née avec une étincelle d’amour dans l’âme et des rayons de lumière dans les cheveux et je ne parle pas en métaphore, j’ai une mèche de cheveux blancs qui fait une tache très curieuse et très luisante au milieu de ma chevelure noire.