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mer lointaine sommeillant dans ses voiles de bleu tendre ; les bords de l’horizon sillonnés de longs nuages de feu, et le soleil, ainsi qu’un gros ballon enflammé, s’abîmant dans les flots… toujours le même panorama.

Tous les soirs je vois ce même coucher de soleil ; tous les soirs j’interroge les nuages lointains qui me semblent des grottes féeriques, ou des châteaux brillamment éclairés suspendus dans l’air tendre du crépuscule mourant…

Je lève les yeux au ciel pendant que mes lèvres murmurent un requiem, et, que vois-je ?

Des étoiles naissantes dans le firmament pâle, Vénus brillant au bord de l’horizon près de sa jeune sœur, oh, si jeune et si belle, la lune !

Oui, la lune que j’adore et qui manque tant à ces soirées libanaises ; la lune, messagère des affections et rendez-vous des aspirations ; la lune, consolatrice des malheureux qui veille avec eux, songe avec eux, écoute leurs plaintes en silence et les caresse de son large regard de lumière…

Oh ! la douce journée que celle d’aujourd’hui ! Ce charme triste de l’atmosphère ! cette brume suave qui cache le soleil et donne aux arbres cette chère couleur de vert très tendre…