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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/89

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Pénétrons plus avant dans cette morne sphère.
Questionnons le sphinx, l’énigme, l’inconnu.

Sait-on pourquoi l’on vient et d’où l’on est venu ?
Le fœtus choisit-il son destin ? Est-on maître
D’indiquer son endroit et son heure pour naître ?
Ah ! vous voulez qu’on soit responsable ? De quoi ?
D’être homme de tel siècle ou bien fils de tel roi ?
D’être l’atome errant la nuit dans telle zone ?
D’avoir été jeté tout petit sur un trône ?
D’être sorti sultan du mystère infini ?
Est-on donc accusable et sera-t-on puni
De la place où vous met l’obscure destinée,
Quand, semence de vie au vent abandonnée,
On éclôt sur la terre, humble esprit frémissant ?