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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/88

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Constantin Caballin broyant sur les pavés
Aux pieds de son cheval des monceaux d’yeux crevés,
Sapor couvrant de sel une femme écorchée,
Épouvantent ; Achab, tourmenteur de Michée,
Didier, Osman, Ratbert, Vitiza, Childebrand,
Les Comnènes, Michel Calafati montrant
Toute la cruauté que contient l’éphémère,
César tuant la loi, Néron tuant sa mère,
Font horreur ; ils sont vils, ils sont abjects. Et nous ?
Pourquoi ces sénateurs leur parlant à genoux ?
Pourquoi ce prêtre athée et faux qui les encense ?
Pourquoi les engloutir dans notre obéissance ?
Pourquoi, pouvant souffler sur un joug vermoulu,
Le monde accepte-t-il le pouvoir absolu ?
Pourquoi les plus nombreux sont-ils donc les plus lâches ?
De quel droit, du devoir méconnaissant les tâches,
La terre maudit-elle, après l’avoir construit,
L’homme de cécité, de fureur et de nuit ?
O peuple ! consentir au tyran, c’est le faire.

                                  *