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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/74

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Et l’on frissonne, tant on sent le bras d’en haut,
Tant l’homme est faible, et tant l’énormité divine
Paraît dans ce qu’on voit et dans ce qu’on devine !

On reconnaît qu’ils sont bien peu de chose, hélas !
Tous ces tristes Nérons conduits par les Pallas,
Pour qui Dieu n’est qu’un spectre et les hommes dès nombres.
Cette espèce de mont formé de règnes sombres,
Cet édifice affreux que chaque âge construit
Avec des attentats, de la gloire et du bruit,
Et qui, sanglant, rayé de suintements fétides,
Fait bloc avec les rois, mornes cariatides,
Ce chaos de faits lourds, tristes, hideux, navrants,
Qui charge la mémoire informe des tyrans,
Toutes ces actions sauvages et terribles
Qui donnent dans l’histoire aux Tibères horribles
Des aspects monstrueux de démons écrasés,
Ce tas des vieux forfaits, bronzes vertdegrisés,
Cet amas du granit le plus dur des abîmes,