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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/73

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Comparant l’élément et le destin, confond
Dans le même regard surhumain et profond
Les souffles, les hasards, le colosse, la mouche,
Le monstre qui s’éveille et l’astre qui se couche,
Le trajet d’un brouillard aux cieux, et le chemin
Qu’un nuage d’erreurs fait dans l’esprit humain ;
Et les linéaments de l’Inconnu surgissent ;
Et les princes hagards que les meurtres rougissent,
Avec les Genséric la nuit coïncidant,
Et le glaive et le sceptre, et la griffe et la dent,
Et le tigre et le maître, et l’horreur babélique,
Dans ces compassions immenses, tout s’explique.
Sitôt qu’on a cessé de maudire, le sort
Semble un chaos calmé d’où l’ordre auguste sort ;
Les mystères, devant le songeur sans colère,
Sont le gouffre, mais sont le gouffre qui s’éclaire ;
Ils n’ont plus de démence, et blanchissent, pareils
A des cieux noirs où vont se lever des soleils ;
Et voilà tout à coup que dans l’ombre sacrée,
Calmes, pleines de Dieu, des lois font leur entrée.
On ne Ut pas le livre, on en épèle un mot ;