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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/60

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L’ignorance et la nuit sont les deux sœurs lugubres.
L’une a les cœurs malsains, les esprits insalubres,
Les cerveaux bas ; et l’autre a la stagnation
Des ténèbres pesant sur la création.
L’ignorance a les Tyrs, les Babels, les Sodomes,
La guerre et les combats, sombres tempêtes d’hommes,
D’où sortent les Césars, les Habsbourgs, les Capets ;
La nuit a le chaos des nuages épais,
Ces tourmentes sous qui l’étoile se dérobe,
Qui grondent, remuant tous les gouffres du globe
De la mer Caspienne au noir lac Michigan ;
Et l’une a le despote, et l’autre a l’ouragan.
Elles n’ont pas de cœur, pas de regard, pas d’ailes ;
Elles font de la mort ; dès qu’avec l’une d’elles,